Nouvelles de Montpellier
la décolonisation, "un non événement", selon Mbembe.
découverte et question par cet ouvrage
1 Découverte:
Selon Mbembe, dans son ouvrage "sortir de la nuit", -Essai sur l'Afrique décolonisée.- la décolonisation est définie comme un non-événement dans la mesure où elle ne serait qu'un moment du développement capitaliste continuant à suivre sa logique propre (voulue par tous et par personne en particulier). Le travail historique accompli par l'impérialisme colonial aurait été de mettre en place les conditions struturelles d'un échange contraint et inégal entre le centre et la prériphérie. Ces conditions devaient être telles que toute émancipation éventuelle devienne dans les faits, soit impossible, soit extrêmement difficile. Une fois ce travail accompli, la forme proprement coloniale de la domination devenait forcément anachronique. Son maintient ne se justifiant plus, elle pouvait céder le pas à d'autres mécanismes d'exploitations plus efficaces, moins onéreux et plus rentables: celui d'un échange économique (de fait très inégal) mais supposé libre. l'impérialisme n'aurait donc été, dans la longue histoire du capitalisme qu'un "moment".
selon Mbembe, ce moment (de la colonisation) nécessaire dans l'histoire du capitalisme avant qu'il s'emballe en quelque sorte par son propre rythme, est celui de la production des matières premières bon marché. (ex: le sucre, le café).
2Questions 1 ce que je ne comprend pas (pour aujourd'hui) : en quoi le moment de la production des matières premières pourrait-il être dépassé, pour nous êtres humains faits de chair et de sang, qui mangent et dorment et vivent? est-ce que les pays "émergents" ne sont pas encore en train de jouer ce rôle de "production de matière première "? Comment pourrait-on se passer de cette fonction, nous qui sommes exposés à la loi de la matière (et "vulnérable" cf: J Butler)
Question 2 est-ce que Mbembe nous propose une nouvelle grille d'interprétation ? Si nous sortons -un peu- de la grille d'interprétation marxiste, il serait utile d'évoquer des lieux différents de l'exploitation. Mais encore et toujours, il s'agit de ce lieu universel et abstrait de l'exploitation issue de la pensée marxiste qui parle d'une domination universelle elle qui souhaitait pourtant remettre le monde à l'endroit et sortir de l'idéalisme en partant du réel (objet petit a de la philosophie). Peut-il exister un réel universel ? Le réel n'est-il pas toujours singulier ? (marxisme contre nominalisme) .
fantaisie en marge: ( Dans la sonde qui se dirige sur Mars, les habitants scientifiques de la sonde (des jeunes hommes blancs évidemment) ont réussi à faire pousser des salades dans une boite qui conserve l'humidité) avenir d'un autre jardin pour le monde ?