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Nouvelles de Montpellier

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Prochain arrêt: la Ciotat

                                          Prochain arrêt: La Ciotat

Ceci est une nouvelle inter-active parceque: Aucune chose, aucun  objet ne nous donnera l'assurance que nous avons un lieu pour vivre dans ce monde. 

En même temps que cette incertitude grandit en nous, comme un arbre en croix de la civilisation; beaucoup d'objets nous sont offerts pour multiplier nos organes. Un no man's land grandit à l'intérieur de nous pendant que se déplie la panoplie des instruments qui nous fabriquent.

La ronde de ces prothèses nous agrandit sans que l'on sache où ni pourquoi il faudrait les porter: chausssures, parapluies... Devant cette richesse le sol vacille sous nos pieds. La béance qui s'ouvre est appelée Malaise: Malaise dans la civilisation.   

 La seule voie possible est alors de recopier: Ce que je reconnais dans les Civilisations, je le recopie, je le partage.


                                Prochain arrêt: la Ciotat

 

Sur le Littoral où j'habite, les gens se mettent souvent à la place des autres. Dans le train Marseille-Toulon, je rencontrai deux voyageurs passionnés par le tourisme culinaire. Le couple s'appelait "Rebecca et moi". Le train était bondé. Dès qu'il s'approchèrent, je libérai une seule place, en poussant mes sacs et les choses autour. Cela prit un peu de temps, étant donné mon rapport très précaire à l'espace.

Résumé de la discussion:  ( avec un autre résumé possible pour les commentaires):

Ils ont fait semblant d'occuper un siège. Ils se croyaient lésés. Là bas, elle cuisinait des plats antillais avec des bananes plantain; du riz et des poids cassés. Ils se sont lancés dans une campagne anti-virus mais ce n'était pas adapté au pays. Je reconnais les Calanques et nous partons sur le chemin avec des chaussures mal appareillées et un parapluie. Puis nous tirons un trait pour prendre des photos que nous referons avec de nouvelles machines (car son portable ne marchait pas). Vous faites un autre résumé si vous voulez de la vraie discussion.

La vraie discussion:

Ils sont montés dans le train avant Cassis. Ils ont fait semblant d'occuper un seul siège, tout en posant des questions, l'air de rien, sur la Région et sa cuisine. Ils s'inquiétaient aussi des moustiques et des nouveaux virus que proposait le pays. Ils s'étaient perdus récemment et je compris pourquoi...

-J'essaierai de vous orienter. J'habite ici, sur le Littoral, dis-je. (là c'est moi qui parle)

-Que lisez vous ?

-Je lis Aristote. Il dit que nous aimons montrer, expliquer, dire ceci; cela... reconnaître

-Même les êtres laids ?

-Même les vils, nous aimons les reconnaître et les imiter.

On se plaît à la vue des images. On utilise des choses pour regarder...

-Pour aller où?

-Des choses pour apprendre et  recopier. Parcequ'on apprend en les regardant. on déduit ce que représente chaque chose: On dit "c'est bien lui ""Cette figure c'est un tel". Et on est content.

- On dit ça?

-On dit "nous avec des machines". On aime tout reconnaître, même les animaux les plus vils et leurs cadavres. Ensuite on les maquille. 

Mais stop regardez: Cette vue splendide, là-bas, C'est la Montagne Sainte Victoire

Ici, une calanque, et quelqu'un qui lit son journal à l'ombre d'un pin. 

Nous allons bientôt descendre. Attention, le train est bondé. (je me retourne vers elle, qui marche avec difficulté): C'est toujours comme ça ici: il y a très peu de place, beaucoup de monde. Et vous n'avez pas les bonnes chaussures pour marcher.

-Chez nous c'était pareil, pire même.  

-Et là, et là aussi, oui, c'est un port de pêche. 

Vous pouvez tirer un trait.  vous reviendrez bientôt pour reconnaître. 

La voix parle enfin: Prochain arrêt: la Ciotat.

-Nous arrivons. Je dois retrouver quelqu'un à la Ciotat. Si vous voulez toujours m'accompagner, si vous avez de quoi marcher: chaussures, parapluie. Avec cela, je vous montrerai les Calanques    

Peu à peu, il est devenu plus offensif, avec le demi-silence de Rebecca à ses côtés. (Elle ne parlait que pour les choses)

-J'ai des chaussures mais l'appareil photo ne marche pas.

-Tu fais avec celui du portable !

-Celui du portable est trouble: IL NE MARCHE PAS NON PLUS!

Ils m'ont avoué qu'ils travaillaient au ministère de la Transition. leur passion culinaire n'était qu'un prétexte. Ils m'ont expliqué le ceci et le cela de leur Ministère. Il se croyaient lésés. 

-On nous a dit "soyez nouveaux!"; "organisez de grandes campagnes anti-virus! "et on les a cru. Mais c'est un pays qui... nous n'avons pas trouvé des choses nouvelles mieux adaptées au lieu.

-Oui, je suis d'accord, c'est un pays qui. Les gens parlent à votre place. 

-les virus, ce n'est pas parcequ'ils sont trop petits, mais on a cherché autre chose 

-je suis d'accord aussi, mais vous savez, plus les peuples exigent le droit d'être eux-mêmes, en bonne santé, plus ils se ressemblent,

-Moi, pourtant, je voulais bien être une femme Malinké! 

-...

-mais ce n'est pas là que j'habite.

Je savais qu'ils m'avaient menti sur leur passion culinaire. Ils s'étaient sûrement perdus pour une autre raison. je continuais quand même, j'essayais de les rassurer: chacun fait comme il peut.

-C'est comme ça, en une minute il peut y avoir des victimes et des coupables. Mais vous savez, on peut aussi l' expliquer aux gens, dire ceci, cela, attention, ne pas toucher, etc! : c'est pour cette raison que vous travaillez au Ministère de la Transition démocratique ?

-Pas tout-à-fait: Il y avait des raisons privées. Là-bas, nous avions un jardin et Rebecca aimait bien faire la cuisine. Elle préparait des plats antillais avec des légumes mélangés à du riz et des pois cassés, de la morue, des plantains frits. Ici, nous recherchons une autre cuisine, pour tracer une autre route, quelque chose de plus neuf!

-Oui, maintenant je comprends. Ce n'était pas une cuisine adaptée au pays. Les Antilles ne sont pas l'Afrique. Il faut reconnaître les endroits. Pourquoi ce décalage ? vous ne pourrez pas trouver votre chemin si vous faites pareil ici!    

 -Mais dès fois aussi on voudrait croire, pas seulement reconnaître ou expliquer! Rebbeca et moi, nous voulions croire. 

-Croire à quoi ?

-Le contrat parental, l'ambition, les campagnes de prévention et d'autres choses de ce genre...

-Ca, c'est un autre levier.

-C'était un levier pour Rebecca et moi.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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