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Nouvelles de Montpellier

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J'ai des homonymes, j'ai des locataires mais...c'est ainsi Toute conquête se paie par un exil...

J'ai des homonymes, j'ai des locataires mais...c'est ainsi Toute conquête se paie par un exil...
Caravage: le geste vif de la morsure.
J'ai des locataires, j'ai des homonymes mais en recherchant le sens d'un rêve, parfois...

On néglige bien souvent de reconnaître ce rêve comme une expérience. C'est pourquoi, lorsqu'une personne ne souhaite pas répéter ses expériences à haute voix pour en construire les sens, il est possible qu'elle en parle quand même. Ou bien, elle le dessine. C'est ce qui peut arriver, si jamais quelque chose "arrive". ( à qui ?) Comme par exemple lorsque le jeune Michelange de Caravage se perd dans les bas-fonds de Rome, avec tous les exilés locataires et des tailleurs de pierre. Il se souvient d'un jeune garçon qui venait de sursauter après la morsure. Il se souvient surtout de ce mouvement: le jeune garçon retire sa main brusquement. le geste est vif comme la morsure. Mais qui vous parle à ce moment-là, dans ce mouvement? Qui le dessine?

Ainsi, selon J.B.Pontalis (entre le rêve et la douleur), "quand le rêve émigre....dans l'interprétation, et de la mise en image se trouve converti dans une mise en mot, quelque chose se perd (de cette expérience): tout conquête se paie par un exil, et la possession par une perte". Cette perte est aussi "la mort à soi ".

Le rêve est comme une peinture: il rend visible ce qui est inconscient. Pour travailler à se déposséder, nul besoin de torsader le corps du rêve avec des jeux de mots, ou de remplir des no man's land dans les déplacements de l'âme. Mais plutôt accepter les ruptures à l'intérieur de la peinture; le discontinu visible/ invisible : le geste vif de la main juste à l'instant de la morsure introduit la ligne de séparation visible/invisible. Le souffle jaillit de la toile par un seul trait de la main et du pinceau.

Alors qui parle dans le rêve ? Et qui permettra "l' acte d'être" ? seulement ce bref instant d'un mouvement: le geste de la main existe à peine, à peine, à peine, sur un fil.... le fil qui trace la ligne visible/invisible pour une rupture qui met du mouvement. J'ai entendu aussi "l'acte d'être" chez François Cheng lorsqu'il parle des adeptes du Tao qui épousent un mouvement: "être ce n'est pas simplement suivre l'écoulement d'une existence, c'est continuellement faire acte d'être, à partir du non-être. Dans l'idéal ils expérimentent ainsi une sorte de "mort à soi", à un soi étroit et clos, et accèdent à une forme de vie plus libre, plus ouverte. A supposer qu'ils pratiquent la calligraphie ou le tai-ji, ils ne doutent pas que le souffle qui vient les animer, jailli de la page blanche par le trait, ou de l'air vierge par le geste, est identique à celui qui meut les astres depuis l'Origine."....

(Cinq méditations sur la mort-autrement dit sur la vie)..

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