Nouvelles de Montpellier
Le film "Demain", le jugement téléologique, la beauté de la nature avec tout l'anthropocentrisme de cet amour
Ce film nous parle des vingt années qui nous restent pour protéger la diversité sur notre planète.
Le fil conducteur de ce film est la diversité: l'accord de la musique des espèces, des plantes dans un jardin, des enfants dans la cour de l'école: Il dit la réalité de la nature qui est cette composition nécessaire des êtres vivants: le contraire d'une utopie. Protéger la diversité, c'est ce que la vie nous demande, maintenant que les climatosceptiques se taisent. ( Ils ont trop mangé). la variété des espèces, c'est aussi le secret de la beauté comme nous le dit Kant dans la critique de la faculté de juger:
"La neige dans les pays froids protège les semailles contre la gelée; elle favorise la communauté des hommes ( grâce aux traineaux); le lapon y trouve des animaux (rennes) qui rendent cette communauté effective et qui trouvent une nourriture suffisante dans une mousse sèche qu'ils doivent eux -mêmes extraire de la neige...pour d'autres peuples, la mer renferme, dans d'autres zones glaciales, une riche provisions d'animaux, qui outre la nourriture et le vêtement, leur fournisse du combustible pour chauffer leur hutte faite avec le bois que la mer leur livre à domicile quasiment par flottage. Or il y a là un admirable concours de rapports de la nature à une fin (?) ; et celle-ci est le Groenlandais, le Lapon, le Samoyède, le Yakoute...etc. Mais on ne voit pas pourquoi en général les hommes devraient vivre là. autant dire que s'il y a une raison pour que des vapeurs tombent..."
à propos du jugement téléologique, etc...
Non, on ne voit pas "pourquoi des hommes devaient vivre là", sauf dans notre jugement . Et l'on peut apprécier avec ce "etc" kantien et tous ces termes un peu vieillots -les lapons, les yakoutes- cet amour de la diversité qui est un respect de la nature dans sa beauté.
Mais le drame c'est le caractère anthropocentrique de cet amour de la nature. "comme si" les rennes était là pour nous! et d'ailleurs qui est ce "nous" ? c'est ce dont nous parle si bien le film "Demain" de Cyril Dion. Demain dans 20 ans, est-ce que nous serons libérés de l'anthropocentrisme de ce jugement tout en conservant cet amour de la beauté dans sa diversité, avec les rennes, la mousse, le yakoute "etc" ?
Dans quelle mesure ce jugement téléologique est-il une illusion, pour Kant, et pour nous ?
cf: paragraphe 75 de la dialectique du Jugement téléologique : "je ne puis pas, à partir de la constitution propre de mes facultés de connaître, juger autrement de la possibilité de ces choses et de leur production qu'en pensant pour celles-ci une cause qui agit selon des intentions..."
Donc c'est une illusion nécessaire. Dans un sens, Spinoza ne dit pas autre chose. Mais voilà ce qui me préoccupe: Est-ce que cette illusion téléologique et anthropocentrique va continuer à se mettre dans nos pattes mentales et physique ? Combien de temps encore cette illusion va-t-elle nous empêcher de vivre ici, et de vivre bien, en ville, avec des jardins potagers, devant chez nous, à la place de ce bac à fleurs pitoyable, à la place de ces plantes décoratives au milieu d'un carrefour; de ces plantes que personne n'est censé cueillir ?